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St-Martin-de-Vers 1804

Mai 1805, la paix d'Amiens a été rompue depuis 2 ans. Le 11 avril 1805 est signé le traité de Saint-Pétersbourg par lequel la Russie s'allie avec le Royaume-Uni. La guerre semblant inévitable, un détachement de marche composé de recrues et de soldats de retour de congé a été formé à Cahors et a pris la route en direction de Paris avant de rejoindre leurs régiments respectifs. En chemin, les soldats vont connaître un avant-goût de la vie en campagne après cette longue période de paix.

Les dés sont jetés, des anciens encadrent des recrues et doivent les aider à s'adapter à une nouvelle forme de quotidienneté mais aussi à comprendre les enjeux et les plaisirs de l'HV.

Laissons la parole à la recrue « La boussole » pour narrer cette aventure…

08 Mai 1805
Après une marche interminable, nous sommes arrivés dans le Lot proche du petit village de Saint-Martin-de-Vers. Nous avions reçu ordre de nous arrêter quelques jours dans le secteur pour continuer notre formation de recrue et nous reposer avant la longue marche vers Paris et certainement vers la guerre. Notre Sergent et le Fourrier, un caporal débonnaire, chapardeur, menteur comme arracheur de dent mais plein de ressources et de justice, ont décidé d'organiser le bivouac à quelques lieues du village dans un bois de buis. Nous avons installé un abri composé de branches et d'un drap de lin que l'un d'entre nous avait dans son havresac. Le drap n'était pas réglementaire mais convenait bien à l'approche de l'orage. Cet abri était destiné à 10 hommes. Epuisés, nous avons mangé quelques rations et nous nous sommes enfilés dans nos sacs de distribution pour dormir, trop fatigués pour veiller.

09 Mai 1805
Le lendemain au réveil, après avoir allumé le feu, nous avons bu l'infâme liquide de la troupe et rapidement entamé la préparation de notre équipement pour partir en patrouille. Il était question de prêter main-forte aux gendarmes du secteur, le temps de conclure une mauvaise affaire, mais nous n'en savions pas plus. Préalablement, le Fourrier a distribué quelques rations alimentaires à chaque homme (du riz, un peu de viande salée (porc et canard) et du pain) que nous avons enfilées dans des sacs de tissu puis dans les havresacs. Après une revue succincte et l'appel, nous sommes partis à 10h00. Nous avons traversé une succession de bois et de champs avant de nous arrêter dans une clairière pour manger et nous reposer. Un des fusiliers, ayant perdu sa semelle… a passé son temps de repos à coudre dans l'urgence. Nous sommes repartis à nouveau en longeant une série de fermettes. Pendant cette progression, le Sergent a demandé au Caporal Fourrier et à 2 fusiliers de s'approcher d'une maison présentant une agitation suspecte. Les autres soldats attendant à l'arrière.

Le groupe de reconnaissance est tombé nez à nez avec de curieux personnages en train de s'afférer à reboucher précipitamment un trou. A leur vue, les suspects se sont sauvés sans oublier de donner un coup de fusil de chasse dans leur direction : ils ont répliqué immédiatement. Rapidement, le reste de la troupe est venu prêter main-forte. En quelques instants, la zone a été sécurisée. En fouillant la zone du forfait nous avons découvert des caisses de vin enfouies dans le potager que des maraudeurs tentaient de dissimuler ou de voler ?! Résultat d'un précédent forfait ? Contrebande ? En attendant voilà nos havresacs complétés de quelques bonnes bouteilles et de légumes du potager, de quoi améliorer notre ordinaire ! Nous sommes rentrés à notre bivouac quelques heures plus tard. Entre délassement et préparation de l'ordinaire, la tombée de la nuit a été rapide. Nous en avons profité pour manger, vider quelques bonnes bouteilles… et enfin entamer notre fraîche nuit.

10 Mai 1805
Les réveils en bivouac se ressemblent sauf que celui-ci s'est fait à nouveau humide : il a plu à nouveau cette nuit-là. Le matin, nous avons reçu l'ordre de nettoyer nos fusils. Tout en les démontant, pièce par pièce, nous avons fait bouillir de l'eau. Puis nous avons effectué les étapes suivantes. En premier lieu il faut frotter chaque pièce de métal avec de la brique pilée déposée sur un chiffon gras d'huile d'olive. Cette longue opération consiste à faire disparaître l'ensemble des traces de rouille et de poudre. Les petites pièces sont nettoyées grâce à l'utilisation de morceaux de bois de buis taillés en pointe (un peu comme un crayon). L'intérieur du canon est à moitié rempli d'eau très chaude. La lumière est préalablement obstruée avec une fine tige de bois par exemple. La baguette équipée du tire-bourre sur lequel est fixé un petit bout de chiffon est utilisée pour faire pression dans le canon en appliquant des va-et-vient torrides ! Cette action permet de décoller la poudre grâce à l'eau chaude. En enlevant le bout de bois de la lumière, l'eau sale est évacuée et l'opération est recommencée jusqu'à ce que de l'eau propre sorte.

La corvée accomplie, notre Sergent a inspecté les armes. Après avoir mangé rapidement, nous avons été contraints à l'exercice de l'école de soldat. Une suite d'enchaînements de maniements d'arme et de déplacements destinée à faire de nous des combattants organisés sachant tenir leur place sur le champ de bataille. Plusieurs d'entre nous ont monté la garde à proximité du bivouac. Pendant cette phase d'exercice, un homme s'est présenté avec un ordre du Préfet pour nous ravitailler en pain et en vin. Il s'agissait du boulanger de St-Martin-de-Vers et ce fut une excellente surprise ! En fin d'après-midi, nous avons fait nos corvées (bois, cantine, feu, rangement). Le boulanger a mangé avec nous jusqu'à l'heure de nous reposer.

11 Mai 1805
Dès le réveil et après les rituels du matin, il nous a fallu nous préparer en tenue de campagne afin d'aller au village rencontrer quelques autorités et on ne sait quoi d'autre. Après l'appel et la revue, nous voilà à franchir un important dénivelé qui devait nous permettre d'atteindre un plateau en approche du village. Le chemin était très rude et la marche longue sous un lourd soleil. Au village, l'accueil a été agréable, les habitants nous ont observés, nous ont parlés. Le village était très animé ce matin mais nous étions samedi, jour de marché peut-être ? Saint-Martin-de-Vers est un village paisible de pierres et de bois, habité par quelques familles fermières et qui ont certainement quelques enfants aux armées de l'Empereur, ce qui explique peut-être leur accueil chaleureux. Le samedi est aussi le jour de la toilette. Nous voilà au lavoir du village pour nous laver le corps. L'eau est froide mais quel plaisir de se débarrasser de la vermine et de la crasse. Il aura fallu au moins 2 heures pour nous laver et manger notre ration avant que la pluie ne fasse à nouveau son apparition… Satanée pluie. Il nous a fallu retourner au bivouac par un autre chemin avec une pente moyenne mais longue et régulière. Nous avons chanté à plein poumon pour nous donner du courage et oublier nos douleurs de nos marches précédentes. Demain, nous partons pour Paris et avons de longues journées de marche devant nous et peut-être la guerre pour la gloire de la France et de l'Empire. 

Le détachement commence sa route.

Première nuit en bivouac.

Au matin, une petite pipe...

...et la marche reprend.

Le matériel commence à souffrir.

Les soldats s'installent pour une nouvelle nuit sous les étoiles.

La pluie de la nuit oblige les soldat de nettoyer leurs armes.

Et le sergent décide de revoir quelques exercices également.

Pour leur troisième nuit, les soldats se trouvent dans un village.

Ils profitent donc de s'installer chez l'habitant...

...et pillent les produits que les paysans avaient soigneusement cachés.

Le lendemain, les soldats profitent de se laver dans une rivière...

...car ils savent qu'aujourd'hui...

...ils arrivent enfin à leur nouvelle garnison.



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