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Kaysersberg 1793

Extrait du journal du lieutenant Marc Leydet, citoyen-officier à l'Armée du Rhin.

13 Floréal An I - Ce matin, après l'exercice du bataillon, j'ai reçu une convocation de me présenter au bureau du colonel en début d'après-midi. Lors de mon entretiens avec lui, il m'a expliqué qu'il avait reçu des ordres de faire envoyer un officier subalterne dans le Bas-Rhin à la ville de Kaysersberg afin de prendre en charge un petit détachement de marche chargé de maintenir l'ordre dans le pays Riquewihrois. Il s'agirait surtout d'une mission temporaire (2 jours au plus) en attendant que l'officier désigné par Paris arrive sur les lieux.

Bien que j'aurai préféré rester au campement à Strasbourg un peu plus longtemps afin de me faire à mon nouveau métier, je me suis dis que cette première mission pourrait être une occasion pour une acquérir un peu d'expérience donc j'accepte. Le colonel semble ravit et me donne ma feuille de route ainsi que quelques pièces pour pouvoir prendre m'y rendre.
Je dois désormais préparer mes affaires. Vu la courte durée de ma mission, j'estime que je n'aurai besoin que d'une carnassière et deux bonnes couvertures. Dans cette première, je prends deux paires de bas en laine et une paire en soie, une chemise en lin, mes nécessaires de toilette et de couture ainsi que mon journal et de quoi écrire que j'organise dans des petits sacs en toile. Pour mes couvertures, je les roule ensemble afin de former une sorte de gros boudin que je porterai en sautoir.

D'après ce que dit Hausmann (un frère officier natif de la région), je dois me rendre au marché à Strasbourg demain matin et trouver un marchand de vin qui voudrait bien me prendre avec lui. J'adhère à sa proposition notamment que cela sera beaucoup plus agréable que de marcher et que je pourrai donc bien dormir cette nuit au campement avant de partir demain matin.

14 Floréal An I - Ce matin, je me suis rendu au marché de Strasbourg de bonne heure et j'ai réussi de trouver, parmi les vendeurs de vin, un paysan avec un tombereau qui descendait justement à Kaysersberg ! J'étais content de pouvoir me faire transporter de cette façon, bien qu'il n'avait guère de place sur l'engin et que j'ai dû rester assis sur l'arrière avec les pieds dans le vide, ce qui était particulièrement désagréable lorsque le paysan passé par-dessus une bosse ou changé de direction soudainement. J'ai failli perdre ma carnassière nombreuses fois où pire encore, me retrouvé moi-même éjecteur sur le bord de la route.

Après avoir passé par Illkirch-Graffenstaden, Fegersheim, Matzenheim, Benfeld, Sermersheim, Ebersheim, Sélestat, Bergheim, Ribeauvillé et Riquewihr, me voici enfin arrivé à Kaysersberg en fin d'après-midi. Je me rends à la mairie et je prends connaissance du lieu ou se trouve ma troupe, qui est apparemment dans une petite grange dans sur les collines en face de la ville. En escaladant la route que le maire m'indique pour m'y rendre, je remarque que le temps, si ensoleillé à Strasbourg et tout au long de la route, commence à se noircir et l'humidité dans l'air est telle qu'un orage ne sera pas surprenant.

Me voila enfin en vue de la grange et je peux distinguer les soldats qui s'occupent à alimenter le feu et de préparer le souper. Je m'approche et je prends immédiatement le commandement de cette troupe, que je contrôle immédiatement : Le détachement se compose d'un caporal et 8 soldats du Bataillon des Fédérés de Jemappes, 3 soldats du 7e Régiment d'Infanterie (anciennement de Champagne) et un soldat du 4e Bataillon des Volontaires du Haut-Rhin. Avant de me coucher, j'avis le caporal que nous partirons demain matin pour effectuer une patrouille du pays Riquewihrois en passant par le Col des Corbeaux, très connu dans la région comme un repaire de contrebandiers. Vu la marche qui nous attend, je décide de me retirer pour prendre des forces.

Le matin se lève sur le bivouac.

Le matin, quelques soldats s'occupent des provisions...

...d'autres préparent leurs équipements.

L'officier passe ses instructions au caporal. C'est l'heure de partir en patrouille.

Après un passage à la mairie, il est temps d'attaquer le Col.

La montée est assez impressionnante.

Au sommet, la troupe se retrouve dans le brouillard.

A la ville de Riquewihr, la troupe effectue une halte.

Retour à Kaysersberg en passant par le vignoble.

Une fois de retour au campement, les armes sont rangées...

...et la troupe peut enfin prendre un repos bien mérité.



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